Dans le monde humain, les clichés de genre et autres préjugés sexistes sont légion ! Mais saviez-vous que c'est aussi une habitude répandue dans le milieu canin ? C'est ce qu'on appelle communément le "concept d'anthropomorphisme du genre appliqué aux animaux".
Cet article a pour objectif de décrypter les biais humains qui nuisent à nos amis canins. En effet, en habillant nos chiens de nos complexes et injonctions sexistes, nous passons totalement à côté de leurs émotions et de leur vraie nature.
L'idée n'est pas de nier ou de minimiser l'impact hormonal sur le comportement d'un individu mais ce facteur n'explique pas à lui seul la panoplie des nuances comportementales existant au sein d'un même individu. Bien que les hormones - la testostérone (hormone masculine) et les œstrogènes (hormone féminine) - aient une fonction et une influence différentes sur l'organisme et le comportement du chien, la science moderne démontre que leur impact est souvent exagéré par nos clichés de genre.
Cette tendance n'est ni anodine ni anecdotique. Coller une étiquette sur un chien, qu'il soit mâle ou femelle, c'est le réduire à de simples clichés et c'est injuste. C'est aussi prendre le risque de passer à côté de ce qui constitue son individualité propre : son tempérament, ses apprentissages et expériences antérieurs, son environnement et son patrimoine génétique.
Le chien mâle, victime de l’injonction à la virilité et/ou au mythe du "chef de meute" ;
Les traits comportementaux encouragés chez lui sont la force, la combativité, la prestance, la vivacité et le courage. Il doit être fier, téméraire, résilient et aventurier. Il aurait un tempérament de leader né. Il ne doit avoir peur de rien et ses accès de colère sont tolérés. S'il présente des peurs, un tempérament prudent ou un manque d'assurance, il sera ignoré ou tourné en dérision ; c'est une "lopette", un "couillon", une "victime" ou encore une "Drama queen".
La chienne, prisonnière du cliché de l’hystérie et/ou de l’instinct maternel ;
Chez elle on recherche plutôt des traits dits typiquement féminins tels que la douceur, la réserve, l'analyse, la soumission, la prudence, la sensibilité et la fragilité. Elle doit faire preuve d'une patience à toute épreuve car elle aurait un instinct maternel hautement dévéloppé. Elle a le droit d'avoir peur mais si elle ose s'exprimer avec agressivité, elle sera ignorée ou recadrée et souvent taxée de "peste", "capricieuse", "pisseuse", "Diva", "Princesse"...
Pourtant, les traits de caractère sont uniques et propres à chaque individu. Les émotions n'ont pas de genre. Elles sont authentiques, fluctuantes et universelles.Tous les chiens (peu importe leur sexe) sont soumis à un panel d'émotions complexes, diverses et variées ; la joie, la peur, la méfiance, la tristesse, le dégoût, la colère, la frustration, la déception... Une chienne à tendance proactive ou agressive mérite d'être entendue au même titre qu'un mâle. Et un chien mâle au tempérament sensible à le droit à autant de respect et d'écoute qu'une femelle.
Rééduquer un chien en lui apposant une étiquette genrée c'est non seulement contre-productif mais c'est aussi passer à côté de l'essentiel ; ce qui déclenche l'émotion et comment l'apprivoiser pour pouvoir mieux la gérer. Ignorer la détresse d’un chien sensible, sous prétexte que c'est un mâle et qu'il doit être confronté à ses peurs, c'est le trahir et surtout risquer d'aggraver ses phobies. La peur est une émotion naturelle, légitime et unisexe.
Or, en éducation canine, on a parfois tendance à préserver inconsciemment les femelles sous prétexte qu'elles sont sensibles ou fragiles et à pousser volontairement les mâles dans leurs retranchements car ils doivent etre courageux. A terme, ce manque de justesse et de compréhension crée de nouvelles problématiques ou aggrave les problématiques initiales. Par exemple, un mâle peut finir par se montrer agressif pour ne plus avoir peur.
Il arrive que des propriétaires attentionnés fassent ce genre de remarques péjoratives sous couvert d'une petite « insulte affectueuse » mais en réalité ça révèle souvent une ignorance ou une incompréhension du comportement en question. Derrière ses petites réflexions se cache donc un phénomène invisible et dérangeant ; notre tendance à projeter nos propres croyances humaines sur nos animaux de compagnie, ce qui est délétère. Ce n'est pas de la mauvaise foi, c'est un système de croyances ancré sur lequel nous devons travailler pour mieux comprendre et accompagner nos chiens.
Repenser ses propres croyances liées aux stéréotypes sexistes, c'est faire évoluer sa grille de lecture : Ne plus regarder son chien uniquement à travers le prisme du genre. Un chien sensible n'est pas un couillon ni une lopette et une chienne en colère n'est pas une peste ni une pisseuse. Ce sont des individus sensibles et conscients qui nous parle et c'est à nous de les écouter sans jugement de valeur afin de les guider avec plus d'empathie, de justesse et de bienveillance !
{COPYRIGHT} Article rédigé par Truffes&Coussinets - Juillet 2026
{Image générée avec IA}
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